| |
À la croisée des univers géopolitique, économique et environnemental, les acteurs pétroliers sont habitués à évoluer dans des contextes mouvants. La crise majeure que nous vivons actuellement en est une nouvelle illustration. Le prix du baril est monté à 147 dollars, descendu à 32 dollars et se situe aujourd'hui autour de 50 dollars. Et demain ? À moyen-long terme, les capacités de production de pétrole pourraient venir à manquer. Le manque d'investissements risque de provoquer un déséquilibre entre l'offre et la demande, comme nous l'avons connu à partir de 2004 et jusqu'à récemment. Plus grave sera la crise, plus important est le risque de voir les prix augmenter rapidement. Dans ce scénario, ils pourraient même remonter avant que les économies ne redémarrent. Notre responsabilité est de continuer à investir pour contribuer à éviter que cela ne se produise. Tenir compte de cette crise ne remet pas en cause notre stratégie : dans les vingt prochaines années, les énergies fossiles représenteront encore les trois quarts de l'énergie mondiale.
|
|
La constitution de nouvelles réserves de pétrole demeure prioritaire. Notre volonté est d'y parvenir. Au Qatar, au Yémen, en Arabie Saoudite, nous sommes très fiers que de nouveaux projets majeurs soient prochainement opérationnels.Aux Émirats arabes unis et en Syrie, nous continuons à renforcer nos liens avec les compagnies nationales. L'Oman contribue encore de façon significative à notre production. En Irak, notre berceau historique, nous étudions avec le ministère du Pétrole comment nous pourrions être de retour de manière durable. L'Iran, qui détient d'importantes réserves en hydrocarbures, est un pays où nous souhaitons continuer à développer nos projets. Notre responsabilité est aussi d'inventer de nouveaux partenariats avec les pays producteurs, avec les compagnies nationales qui, détenant 80 % des réserves mondiales, sont devenues les nouveaux géants – et souvent les maîtres du jeu – du secteur pétrolier. Les compagnies pétrolières internationales doivent évoluer. Il s’agit aujourd’hui de partager des valeurs avec les États, de faire en sorte que leurs priorités deviennent les nôtres.
|
|
Parmi les visions d'experts issus du monde arabo-musulman, vous découvrirez, dans ce numéro d'Énergies, quelques illustrations de cet engagement dans le domaine de l'éducation, de la culture ou de la protection de l'environnement. Avec 17 % de la production du Groupe et 15 % de ses réserves, le Moyen-Orient est une zone incontournable pour Total. À nous de contribuer à son développement.
Christophe de Margerie, Directeur Général de Total
|