Texte : Danièle Grobsheiser

En Allemagne, tout le monde connaît Green Goal. Événement dans l’événement pour des millions de spectateurs – une bonne quarantaine au total, venus assister à l’un des 64 matchs de la XVIIIe Coupe du monde de football dans l’un des 12 stades du pays – qui se sont vu remettre des billets d’entrée incluant un accès gratuit illimité aux transports en commun municipaux pendant 24 heures. Une première dans l’histoire du sport destinée à minimiser l’impact du transport automobile sur la qualité de l’air des villes d’accueil.
Les organisateurs pensaient détourner un tiers des spectateurs de leur chère voiture. Ils furent plus de la moitié à choisir les transports en commun. Ce franc succès souligne l’importance de ce volet du projet Green Goal, qui se voulait exemplaire. Green Goal est un accord de coopération signé entre le Comité d’organisation de la XIIe Coupe du monde de la FIFA™, le ministère de l’Environnement allemand, l’institut écologique Öko Institut et l’Unep (Programme des Nations unies pour l’environnement).
Son but : préserver l’environnement de multiples manières. Franck Beckenbauer, président du Comité d’organisation, qui a pour une large part orchestré la mise en place de ce “but vert” depuis 2003, s’était fixé quatre objectifs : augmenter la part des transports en commun dans le trafic des véhicules se rendant dans les stades, afin de pallier l’inévitable pointe de pollution en dioxyde de carbone (100 000 tonnes) générée par ces vastes rassemblements populaires ; économiser l’eau ; limiter la consommation d’énergie ; réduire et gérer les déchets visibles.
Pour cela, de multiples actions ont été conduites : recueil des eaux de pluie, mise en place de systèmes de drainage des terrains de jeu, d’équipements électriques high-tech, de systèmes économes pour l’éclairage des stades ou encore limitation des emballages au strict minimum :
– les gobelets, distribués et consignés, étaient donc récupérés. Les 13 000 kW d’électricité supplémentaires ont été importés de Suisse et fournis par des centrales hydrauliques peu polluantes. Autre élément exceptionnel : le toit du stade de Kaiserslautern (55 000 kW/an) a été équipé de capteurs photovoltaïques destinés à la fourniture d’électricité. Bien d’autres améliorations écologiques ont encore été conduites…
À Berlin, Total, partenaire du Green Goal, a alimenté en hydrogène les deux premiers bus de la ville. Par son ampleur, Green Goal est appelé à faire école dans le monde sportif. Les organisateurs de l’Euro 2008 et des jeux Olympiques 2012 ont déjà contacté le Comité d’organisation allemand pour étudier la possibilité d’inclure le “but vert” dans leurs manifestations.